Intelligence artificielle / Formation
Le problème des formations IA commence souvent le lendemain matin
Il y a un moment que j’aime beaucoup pendant une formation IA. C’est celui où quelqu’un teste quelque chose et dit : « Ah ouais… mais ça, je peux vraiment l’utiliser lundi. » Bingo. C’est exactement ce que je cherche.
Le problème, c’est que lundi arrive. Et lundi, il y a 48 mails. Une réunion à 9 h. Un client qui rappelle. Trois urgences. Et la merveilleuse nouvelle méthode découverte vendredi disparaît quelque part entre Outlook et la machine à café.
Bienvenue dans le vrai sujet de la formation IA.
Le problème n’est pas forcément la formation. Le participant a compris. Il a pratiqué. Il a même trouvé ça utile. Mais comprendre quelque chose et changer sa manière de travailler sont deux choses très différentes.
Avec l’IA, le phénomène est encore plus visible, parce qu’il faut reconnaître le moment où l’utiliser. Un commercial ne reçoit pas une notification : « Attention : cette tâche pourrait être mieux préparée avec une IA. » Il doit lui-même faire le lien : « Je dois préparer un rendez-vous demain. Je pourrais peut-être utiliser ce qu’on a vu en formation. »
C’est une nouvelle habitude. Et une habitude ne se crée pas parce qu’on a vu une démonstration pendant vingt minutes. C’est pour ça que j’aime travailler sur de vrais cas.
Si je forme cinq commerciaux et que je leur donne un exercice fictif, ils apprendront peut-être la technique. Si je leur demande de travailler sur un vrai prospect qu’ils doivent contacter la semaine suivante, quelque chose d’autre se passe. Ils commencent à associer une situation professionnelle réelle à un usage concret de l’IA. C’est déjà de l’adoption.
Et il reste encore le fameux mardi trois semaines plus tard.
Imaginons qu’un manager ait suivi une formation sur les entretiens difficiles. Trois semaines plus tard, situation réelle : il doit recadrer un collaborateur. Il sait qu’il y avait une méthode. Elle doit être quelque part dans les 70 slides. Soyons réalistes : il ne va probablement pas chercher longtemps.
C’est à partir de ce genre de situation que j’ai commencé à travailler sur le concept de Coach IA Post-Formation. L’idée n’est pas de mettre un chatbot à la place du formateur. C’est presque l’inverse.
On prend les méthodes du formateur, ses supports, ses exercices, ses recommandations et sa façon d’aborder une situation. Puis on crée un assistant permettant à l’apprenant de retrouver cette expertise au moment où il doit réellement l’appliquer.
Par exemple : « Je dois recadrer un collaborateur qui obtient de bons résultats mais arrive régulièrement en retard. Aide-moi à préparer l’entretien selon la méthode vue en formation. » La formation redevient utile précisément au moment où le besoin apparaît.
Et ensuite ? Retour à l’humain.
Le modèle qui m’intéresse le plus est finalement hybride : formation, expérimentation dans le travail, assistant disponible en soutien, puis retour d’expérience humain.
Un mois après, on retrouve l’équipe. Qu’est-ce que vous avez réellement utilisé ? Qu’est-ce qui est resté dans un tiroir ? Qu’est-ce qui vous a fait gagner du temps ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Quels nouveaux usages avez-vous identifiés ? Là, on commence à parler de transformation des pratiques.
Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises se demandent encore : « Comment former nos équipes à l’IA ? » C’est nécessaire. Mais la question intéressante devient vite : « Comment faire en sorte que ce qu’elles ont appris devienne réellement une nouvelle façon de travailler ? » Et ça, ce n’est plus uniquement un sujet de formation. C’est un sujet d’adoption.
Découvrir le Coach IA Post-Formation